A toi Philippe

A toi Philippe

Nous venons d’apprendre la disparition de notre ami regretté Philippe Daper, grand occitaniste comme nous les aimons. De culture wallonne, langue qu’il parlait avec amour et militantisme, il pratiquait et chantait aussi en occitan, culture qu’il admirait et qui le touchait. Nous l’avons d’abord connu comme journaliste musical qui chroniquait des disques dans diverses revues. Nous le connaissions aussi comme programmateur dans plusieurs festivals où il tâchait de faire jouer des musiciens occitans, surtout en Belgique. Philippe était aussi courtier en vin et faisait connaître les vins d’Occitanie chez ses concitoyens, grands buveurs de bière. Nous le connaissions aussi comme grand anarchiste et pour reprendre une phrase d’un autre journaliste belge, notre ami Etienne Bours, qui a accompagné Philippe jusqu’à sa dernière demeure : « Il faut continuer à chanter, danser et jouer pour conjurer le sort et faire la nique aux jeunes et moins jeunes loups qui pensent qu’il faut gouverner le monde comme si c’était une entreprise. »

Enfin, Philippe était devenu un ami de plus de 15 ans. Nous l’avions rencontré pour la première fois à Gooïk, près de Bruxelles, cela devait être en juillet 2000, à l’occasion d’un concert enregistré pour la radio nationale belge. Et depuis nous nous voyions de temps en temps et nous téléphonions souvent. J’ai sa voix ici tout près de moi sur mon bureau, car Philippe m’avait enregistré tout un répertoire d’histoires démarcatives entre Flamands et Wallons.

Malgré tous les malheurs qu’il a eu, Philippe est resté un grand amoureux de la vie et j’entends encore son grand rire et sa voix de fumeur quand il chantait la chanson de Gargantua revenant de l’armée ou une chanson de la Talvera, toujours une des plus engagées.

Adieu Philippe et levons une dernière fois notre verre en l’honneur « de la petite Gayole et du canari »!

Daniel Loddo